Compte rémunéré

Rédigé par des auteurs spécialisés Ooreka  À jour en décembre 2018

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Lancé en 2005, un compte courant rémunéré permet de percevoir des intérêts si le solde d’un compte courant est positif. Ces intérêts sont calculés au jour le jour selon un taux de rémunération (brut) fixé par chaque banque et sont soumis aux prélèvements sociaux et aux impôts.

Compte rémunéré : historique

Fréquents à l’étranger, les comptes rémunérés qui permettent d’obtenir un rendement sur les liquidités placées sur un compte bancaire ne sont autorisés en France que depuis 2005, suite à un arrêt de la Cour européenne de justice saisie par la filiale française de la Caixa Bank, une banque espagnole.

Le feu vert de Bercy n’a pas suscité beaucoup de vocations. Il a fallu attendre 3 ans avant que l’Ecureuil (Caisses d’Epargne) propose un compte rémunéré entre 0,5 et 1 %. Avant d’être suivie par des enseignes plus confidentielles comme Monabanq, Axa Banque, Groupama Banque, Boursorama Banque, etc.

Au départ, les comptes rémunérés ont suscité beaucoup d’espoir chez les épargnants lorsque des banques ont fait de la surenchère pour attirer les clients. Ainsi, en 2017, la Barclays est allée jusqu’à offrir 10 % de rémunération durant 3 mois, pour l’ouverture d’un compte courant, puis à 3 % au-delà (à concurrence de 10 000 €). La même logique promotionnelle a prévalu chez ING Direct ou encore chez Cortal Consors.

Une décennie plus tard, cette formule est en perte de vitesse, notamment en raison de la baisse des taux. Selon le site Panorabanques, seuls 3 % des banques intègrent aujourd’hui un compte rémunéré à leur offre.

Les avantages du compte rémunéré

Beaucoup de particuliers conservent en permanence un petit matelas financier (500, 1 000 €, etc.) sur leur compte courant afin d’éviter de payer des agios si le compte devient débiteur.

Ce fonds de roulement peut s’assimiler à une sorte de prêt gratuit consenti aux banques. Le principe du compte rémunéré est de faire fructifier ces liquidités improductives.

Toute personne physique peut ouvrir un compte courant rémunéré (avec autorisation du représentant légal si le titulaire est mineur). D’une durée indéterminée, son ouverture va de pair avec la signature d’une convention de compte, qui fait office de contrat. Associé à différents moyens de paiement (chéquier, carte bleue, etc.), un compte rémunéré permet d'effectuer toutes les opérations financières de la vie quotidienne : domiciliation de salaire, prélèvements automatiques, etc. La seule différence avec un compte ordinaire est que son titulaire perçoit des intérêts dès que le solde est créditeur.

Le titulaire peut récupérer son argent à tout moment sans perdre les intérêts acquis.

Compte rémunéré : les inconvénients

L’offre de compte rémunéré est assez réduite. Dans la plupart des cas, ils sont proposés par des filiales bancaires d’assureur comme AXA Banque, Macif et Groupama ainsi que certains établissements provinciaux, dont le Crédit Maritime Bretagne-Normandie.

Les taux de rémunération sont modiques : ils s’étagent de 0,10 à 0,25 % bruts (avant fiscalité).

La détention d’un compte rémunéré est souvent associée à certaines contraintes :

  • certains établissements imposent un seuil minimal de dépôt ou que le solde créditeur dépasse un certain montant (par exemple 2 000 €) sur une période définie avant que le compte ne porte intérêt ;
  • dans la plupart des cas, l’argent mis en dépôt n’est rémunéré qu’à concurrence d’un certain niveau (par exemple 10 000 €). Au-delà, le rendement s’interrompt ou décroît par palier ;
  • la souscription du compte rémunéré est parfois associée à la souscription d’un package dont le titulaire n’a pas toujours l’utilité. La convention de compte doit donc être lue avec soin ;
  • le rendement final du compte dépend du montant des frais de gestion et du taux d'intérêt débiteur. Si le solde est débiteur, les agios prélevés sont défalqués des intérêts perçus.

Les intérêts perçus au titre du compte courant rémunéré sont imposés à l’impôt et soumis aux prélèvements sociaux. En 2018, ils supportent le prélèvement forfaitaire unique (PFU) au taux global de 30 % (12,8 % au titre de l'impôt sur le revenu et 17,2 % au titre des prélèvements sociaux). Cette somme viendra minorer l'impôt sur le revenu dû. Si elle le dépasse, le trop-versé est restituable.  

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