Krach boursier

Rédigé par des auteurs spécialisés Ooreka  À jour en juillet 2020

Sommaire

 

Dérivé d’un mot allemand signifiant « vacarme », un krach boursier désigne l’effondrement rapide et brutal d’un marché financier suite à un afflux massif d’ordres de vente. Historiquement, le krach le plus célèbre est celui qui se produisit aux États-Unis en 1929, mais ce n’était pas le premier du genre.

Krach boursier : origine et mécanisme

Quand tout le monde vend des actions et que personne ne veut acheter, les prix chutent : c'est le début d’un krach boursier dont les effets s’étendent aux autres classes d’actifs avant de contaminer l’économie réelle.

La rapidité de ces périodes de dépression a été accentuée par la mondialisation de l’économie financière : il suffit qu'une bourse trébuche pour que les autres places basculent comme des dominos, car l'automatisation des transactions et la pratique généralisée de la couverture de portefeuille grâce aux options de vente accélèrent la vitesse du décrochage.

La première fois que le terme « krach » a été utilisé remonte à 1873, une année où les Bourses de Vienne et de Berlin chutèrent de manière spectaculaire après une longue période de spéculation immobilière. Le terme s’est ensuite popularisé lors des krachs de 1929, de 1987 et d’avril 2000 (recul de 40 % du Nadasq). Il est couramment employé depuis les années 1950.

Quelle trouve son origine sur le marché obligataire, immobilier ou sur celui des actions, la cause d’un krach boursier est généralement liée à l’éclatement d’une bulle spéculative après le retournement d’un cycle économique ou à des ventes paniques déclenchées par un événement hors du commun (une faillite, etc.). Le krach intervient alors comme un ajustement violent par rapport à la période précédente, ce qui permet d’évaluer son intensité. Outre une chute spectaculaire des actions, il provoque une hausse de la volatilité et une course effrénée vers la liquidité.

Mesures d’un krach boursier

Plusieurs facteurs permettent dévaluer l’importance d’un krach boursier :

  • le nombre de classes d’actifs (actions, obligations, produits dérivés) qui sont touchés ainsi que la proportion dans laquelle les indices chutent. Lors du krach de 1929, l'indice Dow Jones a perdu 23,05 % en 48 heures et près de 90 % en 30 mois (d’octobre 1929 à juillet 1932). Plus récemment, durant la crise asiatique de l'été 1997, les places financières de Corée, de Singapour, de Hong Kong et de Taïwan ont dévissé de 30 % en l’espace de quelques semaines ;
  • la variation mensuelle des cours. Cet indicateur est fréquemment utilisé pour jauger de la gravité du krach. Si on se réfère aux plus fortes baisses mensuelles enregistrées depuis 1854, on trouve une vingtaine de dates à laquelle le CAC 40 (indice phare de la bourse de Paris) a chuté de 15 % et plus. Cette moyenne mensuelle lisse des périodes durant lesquelles les indices perdent davantage. Comme ces – 22 % lâchés par le CAC 40 durant la semaine du 6 octobre 2008, alors que le Dow Jones reculait de 21 %, et le Nikkei de 24 %.
  • la durée du krach, c’est-à-dire la durée nécessaire pour que les indices se redressent et finissent par effacer leurs pertes. On estime généralement que le krach représente une baisse d’au moins 20 % par rapport au sommet de la tendance précédente ; et qu’il se clôt lorsqu’une hausse de plus de 25 % par rapport au creux précédent est atteinte ;
  • le laps de temps nécessaire pour que les secteurs financiers économiques qui ont été impactés par le krach boursier terminent leur convalescence. Les effets du krach boursier sur l’économie réelle se traduisent notamment par des faillites bancaires, la baisse de l’investissement des entreprises et une raréfaction des concours à la sphère productive. Dans le pire des cas, cet enchaînement peut conduire à la déflation et à la récession.  

Les effets de traîne d’un krach peuvent être longs. Le krach de 1873 a, par exemple, inauguré une période de difficultés économiques courant jusqu’à la fin du 19e siècle, celui de 1929 provoquant une grande dépression qui ne s’est officiellement refermée qu’en 1939.