Junk bonds

Rédigé par des auteurs spécialisés Ooreka  À jour en octobre 2020

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Les junk bonds (obligations pourries) sont des titres émis par des entreprises dont le niveau d'endettement est souvent excessif et la pérennité sujette à caution. Elles sont achetées par des spéculateurs prêts à prendre des risques financiers en échange d’une promesse de rentabilité très élevée.

Les junk bonds (rebaptisés High-yield dans les années 90)  sont notées BB ou au-dessous (y compris B, CCC, CC et C) par les agences de notation, catégorie désignant des investissements risqués et à haut rendement. Voici quelques éléments pour mieux comprendre ce type d'obligation.

Histoire des junk bonds

Les premiers junk bonds ont été mis en vente en 1977, lorsque la banque d’investissement Bear Stearns a proposé la souscription d’une obligation provenant d’un émetteur dont la notation était inférieure à l’investment grade.

Avant cette date, les entreprises incapables d'émettre des obligations bien notées se finançaient auprès des banques. Toutefois, la déréglementation de mai 1975 et l’ouverture qui a suivi ont permis d’introduire les junk bonds sur le marché.

Le succès a été fulgurant. En 1983, les junk bonds représentaient environ 30 % des obligations émises par des sociétés privées américaines.

Le rôle des junk bonds a été pointé du doigt dans les crises de 1987, 1989 et 2001 (bulle internet), ainsi que dans celle des subprimes de 2007/2008.

À chaque fois, le scénario a été comparable. Les cas de défaut se sont accumulés, provoquant la faillite de banques ou de fonds d’investissement et une réaction en chaîne.

Titres spéculatifs

Un junk bond est une obligation à haut rendement, fortement spéculative et offrant une rentabilité très supérieure à celles des obligations d’État (parfois plus de 10 points).

Les obligations sont classées en fonction de la solidité des émetteurs et du risque de défaut qu’elles présentent pour les investisseurs.

Au sommet de la pyramide, on trouve les obligations publiques. Notées AAA pour les meilleures, elles sont garanties par un État et réputées très sûres.

Suivent les obligations émises par des sociétés privées et des collectivités locales, dont les notes vont de bonne à très mauvaise, selon le profil des émetteurs.

Au bas l’échelle figurent les obligations à haut rendement, émises par les sociétés les plus mal notées (« anges déchus », etc).

Les junk bonds appartiennent à cette dernière catégorie. Ils sont notés BB, CCC, CC et C, les pires notes possibles (à l’exception de D qui désigne les sociétés déjà en défaut de paiement).

Hautement spéculatives, ces obligations high-yield exposent les porteurs à un défaut de paiement en contrepartie d’un gain économique imbattable (il pouvait dépasser 10 % en 2016).

Caractéristiques des émissions

Les émissions obligataires à haut rendement durent généralement de 5 à 10 ans. Elles sont le fait de sociétés en retournement ou présentant un niveau d'endettement élevé, par exemple dans le cas d’une opération à fort effet de levier (LBO).

Ces titres ne sont pas acquis par le commun des mortels, mais par des investisseurs avertis, le plus souvent des fonds d'investissement spécialisés à la recherche d’une rentabilité exceptionnelle.

C’est durant les périodes de reprise économique que la demande pour les junk bonds est la plus forte. Les investisseurs téméraires se tournent vers des titres risqués, car les rendements offerts par les obligations des sociétés bien notées ne rapportent pas assez.

Paradoxalement, puisque le risque reste le même, l’appétit des investisseurs pour ces titres High-yield a pour effet de faire baisser leur rémunération à mesure que la demande augmente.

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