Dette hybride

Rédigé par des auteurs spécialisés Ooreka  À jour en octobre 2020

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La dette hybride englobe les dettes à durée de vie illimitée (obligations perpétuelles) ou celles pouvant être converties ultérieurement en capitaux propres (obligations convertibles, etc).

Le marché de la dette hybride est actuellement en pleine expansion. Certaines agences de notation considèrent que la dette hybride fait partie des capitaux propres. Cet article explore la notion de dette hybride, sa définition et son intérêt pour les investisseurs.

Dette hybride : définition

Pour investir sur les marchés financiers, les investisseurs disposent de trois grands compartiments, les actions, les obligations conventionnelles et les titres hybrides (obligations remboursables en actions, obligations convertibles, etc).

La principale caractéristique des titres de dette hybride est d’être au carrefour de la dette et du capital. Ce sont des valeurs à double face.

Ainsi, en émettant une obligation remboursable en actions, une entreprise contracte d’abord une dette vis-à-vis des investisseurs. Plus tard, si ceux-ci décident de convertir leurs titres en actions, cette dette se transforme en capital.

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La dette hybride est un marché en pleine expansion, qui représente aujourd'hui environ 700 milliards de dollars.

Intérêt de la dette hybride pour les investisseurs

Donner vocation au capital

Pour les investisseurs, les titres représentatifs d’une dette hybride (obligations perpétuelles, etc.) ont pour avantage de donner vocation au capital.

Selon la catégorie de titre, cette option est au choix du créancier (l’investisseur) ou de l'émetteur (entreprise).

Si c’est l’investisseur qui a la maîtrise de cette décision, on dit qu’il s’agit d’une option de conversion. Si c’est l’entreprise (l’émetteur), on parle d'une option de paiement par rachat en actions.

Bonne rentabilité

La dette hybride a aussi pour particularité d’offrir un rendement supérieur à celui des des autres segments du marché obligataire.

Ce surcroît de rentabilité est la contrepartie d’une prise de risque plus importante qu’avec une obligation conventionnelle.

 Le risque sous-jacent du titre est lié à la solidité de l’émetteur, ce qui donne une prime aux entreprises bien notées par les agences de rating et présentant une probabilité de défaillance réduite.

Intérêt de la dette hybride pour les émetteurs

Qu’il s’agisse du secteur des télécoms, des services aux collectivités, de l’énergie, de l’automobile ou de la distribution, de nombreux acteurs recourent aux financement hybride.

À mi-chemin entre les capitaux propres et la dette senior, cette dette intéresse les entreprises.

En effet, on l'a vu, les agences de notations l’assimilent pour partie à des fonds propres. Elle permet donc à des sociétés dont la notation « dette senior » est vacillante de la stabiliser en augmentant leurs fonds propres (et sans diluer leurs actionnaires).

Par ailleurs, les émetteurs procèdent assez rapidement au remboursement des titres. Plusieurs dates (« call ») leur permettent en effet de solder la dette. Ils peuvent exercer la conversion au moment leur étant le plus favorable.

Ce remboursement intervient le plus souvent au premier call. En effet, au-delà de la première date de remboursement, les agences de notation considèrent que seuls 50 % des fonds levés correspondent à du capital.

Par ailleurs, au-delà du premier call un mécanisme (« step-up ») peut prévoir une augmentation de la rémunération des coupons obligataires.

Ce step-up peut être conditionné par la durée, l'évolution de la notation, des ratios financiers, etc. Les entreprises ont donc intérêt à solder les émissions avant qu’elles ne leur coûtent plus cher.

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