Proprietary trading

Rédigé par des auteurs spécialisés Ooreka  À jour en octobre 2020

Sommaire

Le proprietary trading (trading pour compte propre) désigne les actions qu’un investisseur réalise sur les marchés financiers pour ses propres intérêts.

Le proprietary trading est notamment pratiqué par des banques qui dégagent une une partie significative de leurs profits grâce à leurs salles de marché et aux transactions qu’elles mènent pour compte propre.

La loi française de séparation bancaire (LFSB) votée en 2013 a introduit une séparation entre les activités utiles au financement de l’économie et les activités que les banques réalisent pour compte.

Trading de flux et proprietary trading

Le trading est l’activité consistant à acheter et à vendre des instruments financiers. On distingue le trading de flux et le trading pour compte propre (« prop » trading)

Le trading de flux est l’activité consistant à réaliser des opérations pour un client qu’il s’agisse d’un particulier ou d’un investisseur professionnel. En volume, cette activité est majoritaire.

Le proprietary trading correspond à l’activité spéculative qu’un trader réalise non pas pour le compte de ses clients, mais pour celui de la banque dans laquelle il travaille afin de tirer partie des fluctuations boursières.

Proprietary trading : réglementation

Pour une banque, ce type de trading consiste à prendre des positions sur les différents marchés financiers - actions, taux, marchés dérivés, change - afin d’augmenter ses profits.

Le trading pour compte propre a été accusé d’être l’un des facteurs déclenchant ou, à tout le moins, l’un des accélérateurs de la crise financière de 2007/2008. Aussi, plusieurs États ont-ils régulé cette activité.

Les États-Unis, où spéculation pour compte propre représentait jusqu'à 10 % du produit net bancaire des grandes banques d'affaires, ont ouvert la marque : depuis 2015, la « règle Volcker », du nom d’un ancien président de la  réserve fédérale, interdit théoriquement aux banques la pratique du proprietary trading. Cette règle encadre les participations que les banques peuvent détenir dans des hedge funds ou des fonds de private equity afin d’éviter le financement d'actifs risqués.

La définition des activités pour compte propre est élargie : l’achat ou la vente, à court terme, d’un ou plusieurs instruments financiers (valeurs mobilières, produits dérivés, contrats à terme et options sur contrats à terme) pour compte propre sont interdits.

En France, la loi n° 2013-672 du 26 juillet 2013 de séparation et de régulation des activités bancaires, interdit à une banque de réaliser des transactions avec un fonds d’investissement à fort effet de levier (plus de 3 fois supérieur à la valeur nette de son actif ou fonds investissant plus de 40 % de ses actifs dans un autre fonds à effet de levier) pouvant l’exposer à un risque de crédit ou de contrepartie, sauf si ces opérations sont couvertes par un contrat de collatéral.

La loi prévoit également une séparation entre les activités réalisées pour compte propre et celles effectuées pour la clientèle au bilan.

Proprietary trading : effets de la règle Volcker et de la loi française et

Les 4 principales banques françaises (BNP Paribas, BPCE, Société Générale, Crédit Agricole) opérant aux États-Unis sont soumises à la règle Volcker. Elle les a contrainte à classifier leurs métiers (trading ou non-trading) et à mettre en place une gouvernance, afin de s’assurer du respect de la réglementation.

En France, la loi de séparation bancaire a suscité des réactions contrastées.

En pratique, la loi n’a eu qu’un impact limité, car selon les experts, la fraction des activités à isoler s’est réduite comme peau de chagrin suite à une vision restrictive de la notion de risque.