Risque de liquidité

Rédigé par des auteurs spécialisés Ooreka  À jour en juillet 2020

Sommaire

Pour un investisseur, le risque de liquidité correspond à une situation où il est impossible de vendre des titres (actions, etc.) en raison de l'inexistence ou de l'étroitesse du marché pour cette valeur.

Il existe en effet des actifs plus liquides que d'autres. Ainsi une action du CAC 40 offre un risque de liquidité plus faible qu'une action d’Alternext. On fait le point.

Concrétisation du risque de liquidité

La liquidité des marchés est une condition de leur efficience. Sa disparition peut provoquer une crise systémique, comme ce fut le cas en 1998, lors de l’emballement du marché obligataire.

Si le nombre d'acheteurs potentiels pour une action X est faible, la probabilité pour qu’un investisseur souhaitant la vendre n’y parvienne pas est élevée. Le vendeur sera alors contraint de baisser son prix pour trouver preneur, ou de faire le dos rond en attendant que la situation s’améliore.

 Pour mesurer ce risque de liquidité, les investisseurs prennent 3 grands critères en compte :

  • L’ampleur de la fourchette entre le cours acheteur et le cours vendeur (bid-ask spread).
  • Le volume de transactions (profondeur) du prix à la meilleure limite (cours d'exécution à la meilleure demande) pouvant être exécuté sans attendre.
  • Le laps de temps nécessaire (résilience) pour que les cours retrouvent leur niveau d’équilibre.

Risque de liquidité et prime de risque

Les investisseurs obtiennent généralement un meilleur rendement s’il achètent des titres peu liquides. Ce différentiel de rémunération est appelé « prime de liquidité ».

Cette prime de liquidité concerne, par exemple, une émission obligataire de longue durée. En ce cas la prime de liquidité compense le risque inhérent au placement et à la non-disponibilité des fonds pendant cette période.

Selon une étude de Natixis parue à l’été 2014, la prime correspondant au risque de liquidité s’élevait, par exemple, à + ou - 0,6 % pour les obligations classées en catégorie « Investment grade » et à 1,5 % pour les obligations spéculatives.

La prime de risque s’applique aussi au marché des actions. Si l’on peut définir la prime de risque comme l’écart entre le TRI (Taux de Rentabilité Interne) d’une entreprise et un taux sans risque, c’est sur les marchés non réglementés qu’elle est la plus forte. Les titres cotés y présentent en effet une visibilité et une liquidité moindres que celle des blues chips du CAC 40.

Ces titres sont principalement accessibles à travers 2 marchés :

  •  Alternext. C'est un marché régulé, mais non réglementé accueillant les entreprises de taille moyenne.
  •  Le marché libre. Il est accessible aux entreprises qui ne peuvent satisfaire aux obligations requises pour accéder à Euronext.

Risque de liquidité et évaluation de la prime de risque

Il existe plusieurs méthodes pour calculer la prime de risque d’un marché donné.

La plus simple consiste à calculer le rendement des placements en actions sur ce marché durant les dernières années et d’en soustraire le rendement des OAT sur la même période. La différence fournit la prime de risque du marché.

De façon globale, le risque de marché lié à un portefeuille de valeurs mobilières est exprimé par sa « Value at Risk » (VaR). Elle correspond au montant de pertes qui ne sera probablement pas dépassé durant une période donnée (par exemple 6 mois).

Pour en savoir plus :

  • Si vous voulez dynamiser votre épargne, prenez un peu plus de risques pour augmenter son rendement. Pour cela, investissez dans la Bourse sur les marchés financiers.
  • Un indice boursier est un indicateur qui retrace l'évolution du plusieurs valeurs boursières sur les marchés financiers.
  • On parle abondamment de sociétés « cotées » dans les journaux, ou chaque jour à la télévision. Mais savez-vous exactement ce que recouvre cette expression ? On vous dit tout.