Ratio de Sharpe

Rédigé par des auteurs spécialisés Ooreka  À jour en octobre 2020

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Apparu pour la première fois en 1966 dans un article tentant d’évaluer les performances des fonds d’investissement, le ratio de Sharpe met en relation la performance et le risque d'un portefeuille. En le créant, l'économiste américain William Sharpe s’est appuyé sur une vérité de base : un investisseur ne placera de l’argent dans un actif présentant un risque que si la performance escomptée est supérieure à celle qu’il obtiendrait en plaçant cet argent sans endosser de risque (par exemple en obligations d’État).

Plus le ratio de Sharpe est élevé, meilleure est la rentabilité de l’actif. Ce ratio fait partie des indicateurs fournis par les sites permettant de comparer les produits financiers en ligne. On le découvre ensemble.

Ratio de Sharpe : calcul

Le point de départ du ratio de Sharpe est qu’il convient de mesurer le rendement et le risque d’un actif (ou d’un portefeuille) relativement à un portefeuille de référence (le benchmark).

Une variante du ratio (ratio d’information) permet aussi de l’établir par rapport à un indice de référence ayant dans la plupart des cas une volatilité. Il peut s’agir d’indices boursiers (le CAC40, le SBF80, etc.), d’indices sectoriels, etc.

Une fois le benchmark choisi au niveau de l’allocation stratégique, l’objectif est de déterminer le rendement « excédentaire » de cet actif par rapport à celui du placement sans risque.

Cette démarche permet de déterminer l'investissement le plus performant en comparant, par exemple, les rendements de fonds (FCP) pour un même niveau de volatilité.

Le ratio se calcule à partir de la formule suivante : (Performance du fonds - Performance du taux sans risque) ÷ Volatilité de la performance (écart type).

Complexe à première vue, cette formule devient plus simple quand on définit les termes qu’elle met en jeu :

  • Par performance du fonds, il faut comprendre la rentabilité d’un investissement.
  • Par performance du taux sans risque, il faut comprendre le benchmark évoqué plus haut, c’est-à-dire le taux de rendement produit par l’actif sans risque servant de comparatif.
  • Par volatilité, il faut entendre l’amplitude des variations (écart-type) du cours d’un actif financier. Pour Sharpe, la volatilité des performances passées est équivalente au risque.

Une fois le ratio obtenu, 3 solutions sont possibles :

  • Si le ratio est compris entre 0 et 1, le rendement obtenu est supérieur à celui d’un placement sans risque (par exemple le livret A), mais il reste insuffisant.
  • Si le ratio est supérieur à 1, tout va bien. La performance dégagée est meilleure que celle du taux du placement sans risque. Le jeu en vaut la chandelle.
  • Si le ratio est négatif, c’est que la performance obtenue en prenant des risques est inférieure à celle qui serait dégagée en n’en prenant aucun. Autant dire que le résultat est désastreux.

En résumé, plus le ratio est élevé, meilleur il est, car la hausse du rendement dépasse celle du risque associé pour y parvenir.

Utilité du ratio de Sharpe

Le ratio de Sharpe est utile pour un investisseur qui cherche à diversifier son portefeuille en identifiant des actifs qui lui procureront le maximum de rentabilité en contrepartie d’un niveau de risque minimum.

Il est fréquemment utilisé pour comparer les performances de plusieurs fonds (Sicav, FCP) de la même catégorie, tous référés au même benchmark. Si le gestionnaire obtient un bon ratio, c’est qu’il est capable de trouver une rentabilité satisfaisante avec une faible volatilité.

Au fil des ans, le ratio de Sharpe est de plus en plus utilisé comme outil de mesure ex post, et plus seulement comme un outil de prévision.

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