Risque de crédit

Rédigé par des auteurs spécialisés Ooreka  À jour en octobre 2020

Sommaire

Dès qu’un créancier accorde un prêt à un débiteur, il court le risque que ce dernier ne le rembourse pas. C’est ce que l’on appelle le « risque de crédit », ou encore le « risque de contrepartie sur les marchés financiers ». Ce risque est conditionné par 3 facteurs : le montant de la créance, la probabilité de défaut, et le pourcentage de la dette qui ne sera pas honoré par le débiteur. On regarde tous ces éléments en détail.

Risque de crédit : évaluation

Le marché du crédit est le premier marché financier de la planète. Il totalise d’abord l’ensemble des crédits directs, mais il comporte aussi les risques de contrepartie générés par les transactions sur les produits dérivés.

Au niveau des banques, chaque nouvelle opération de crédit modifie l'exposition de l'établissement. Pour se prémunir, elles sont tenues de financer des prêts à court terme avec des fonds à court terme, et des prêts à long terme avec des passifs à long terme.

Schématiquement, l’analyse du risque peut reposer sur l’analyse de données (bilan, ROA, etc.) réputées significatives en matière de risque, ou sur la modélisation du risque de défaut potentiel. Le calcul de l'exposition doit aussi tenir compte de la nature de l'opération (bilan/hors-bilan) et de l'échéance. Enfin les risques peuvent être appréhendés par entités économiques ou au niveau consolidé (tous centres d'activités confondus).

Lorsqu'il s'agit des particuliers ou de petites entreprises, le risque de crédit est souvent évalué à partir de l’analyse de leur dossier de crédit, puis contrebalancé par une prise de garanties.

Composantes du risque de crédit

Ce risque se décompose en 3 grand postes :

  • Le risque de défaut. Il intervient en cas de manquement ou de retard de la part de l’emprunteur sur le paiement du principal et/ou des intérêts de sa dette.
  • Le risque sur le taux de recouvrement en cas de défaut, c’est-à-dire sur la somme que le prêteur récupérera effectivement à « la casse ».
  • Le risque de dégradation de la qualité du portefeuille de crédit, dont la crise des subprimes a, par exemple, fourni une démonstration récente.

 Les risques de crédit peuvent avoir plusieurs sources. Parmi les plus importantes, on recense :

  • Le risque de contrepartie. Il se matérialise lors de la défaillance d'un débiteur sur lequel une banque ou une entreprise détient une créance ou un engagement. Ce risque coiffe notamment les crédits octroyés, mais aussi les titres détenus et le hors-bilan.
  • Le risque de marché. Il englobe l’ensemble des avoirs (actif) et des dettes (passif) d’une entreprise. Il faut y ajouter le hors-bilan, dont la trésorerie engagée sur des produits sensibles aux variations des prix de marché : produits de taux (obligations, etc.), actions, change, etc.
  • Le risque de liquidité. Il se fait jour lorsque le caisses d’une société sont vides. On parle alors de « risque de non-paiement ». Si ce risque est lié à l'activité de l’entreprise, il est d’autant plus élevé, car la situation peut déboucher sur un dépôt de bilan.
  • La surexposition,qui procède d’une exposition excessive sur un même secteur, par exemple, l’immobilier à la fin des années 1990.
  • Le risque opérationnel. Il résulte (pertes directes ou indirectes) d’une faille opérationnelle attribuable à des agents, des procédures « maison » ou des évènements exogènes (fraudes, etc.). L’affaire Kerviel est une bonne illustration de ce risque opérationnel. 
  • Le risque politique produit par les effets d’un changement législatif ou réglementaire de nature à altérer le taux de rendement attendu par les investisseurs.

Couvertures contre le risque de crédit

Chaque prêteur évalue le montant qu’il risque de perdre sur son portefeuille de crédits à un horizon donné. Ce montant de « pertes attendues » est couvert par des provisions. Ces dernières sont fixées pour chaque ligne de crédit.

Par ailleurs, les prêteurs disposent d’une large gamme de produits leur permettant de se couvrir contre le risque de défaut. Parmi eux on peut citer :

  • L’assurance crédit. Elle garantit les entreprises ou les banques contre le défaut de paiement d'emprunteurs, que la situation soit de leur fait ou qu’elle relève de contraintes externes.
  • L’affacturage. Cette technique permet à une entreprise de laisser un tiers prendre en charge le risque de recouvrement des factures d'une entreprise moyennant le paiement d’une commission.
  • Les CDS(Credit Default Swaps) : ce  sont des produits dérivés permettant de se prémunir contre le défaut d’un émetteur sur le marché obligataire.
  • La titrisation. Cette méthode permet de transférer des créances et les risques afférents à des investisseurs qui les rachètent (moyennant rémunération) à travers les titres émis par Fonds Commun de Créances.