Bulle spéculative

Rédigé par des auteurs spécialisés Ooreka  À jour en novembre 2020

Sommaire

 

Une bulle spéculative correspond à forte progression des cours d’un actif ou d'un marché, non corrélée à la croissance réelle de l'économie.

Provoquée par la spéculation (anticipations exagérément optimistes sur la croissance des valorisations), une bulle peut mettre de plusieurs mois à plusieurs années avant de crever.

La fin d’une bulle est généralement suivie par une baisse rapide des cours qui provoque un krach, le plus souvent sur un marché financier.

Bulles spéculatives : causes, effets et typologie

Définition et effets

Une bulle spéculative découle des anticipations exagérément optimistes sur la croissance, l’évolution des prix ou d’autres événements de nature à susciter une augmentation d’une classe d’actifs ou d’une matière première.

Ces anticipations font flamber les volumes de transactions et le prix de l’actif concerné atteint des niveaux très supérieurs à sa valeur intrinsèque.

Par effet de contraste, une bulle n’est cataloguée comme telle que lorsqu’elle éclate et que les prix s’effondrent, Tous les investisseurs, paniqués, cherchant à alléger simultanément leurs positions comme ce fut par exemple le cas lors de l'implosion de la Dot Com Bubble (bulle internet) en 2000.

Dans la plupart des cas, l’éclatement d’une bulle dégrade les performances d’un pays ; à un impact négatif sur le patrimoine des entreprises et des ménages ; et peut même provoquer une déflation durable. Ce fut, par exemple, le cas après l’éclatement de la bulle immobilière japonaise dans les années 90. 

Typologie des bulles spéculatives

 Les économistes distinguent 2 types de bulles spéculatives :

  • Bulle rationnelle : une bulle peut s’incorporer dans le prix d’un actif, sans contredire l’hypothèse de rationalité, si le prix satisfait les conditions d’arbitrage (efficience du marché). La formation de la bulle est difficile à identifier. Au fil du temps, la divergence entre le cours observé et la valeur intrinsèque s’accentue. Elle aboutit à un krach.
  • Bulle irrationnelle : certains comportements spéculatifs d’investissement poussent le prix d’actifs à diverger de leur valeur intrinsèque sans souci de rationalité. La présence d’investisseurs censés  sur le marché n’a pas un effet pondérateur suffisant. Un jour ou l’autre, la bulle finit par imploser.

Théorie des bulles spéculatives

Le phénomène des bulles financières est connu et identifié depuis plusieurs siècles par les économistes. Il a surtout été théorisé à la fin du vingtième siècle :

  • En 1982, Watson et Blanchard (1982) ont développé un modelé général dans lequel ils étudient la probabilité de voir une bulle exploser.
  • En 1990, André Orléans a tenté d’expliquer la formation des bulles par un phénomène de «mimétisme» (1) incitant un agent économique à imiter la décision d’autres agents de façon moutonnière (même si son propre point de vue est divergent). En 1992, Lakonishok, Shleifer et Vishny ont notamment proposé une mesure statistique de ce mimétisme.
  • En 1991, G.W. Evans (1991) a introduit un modèle de bulles susceptibles d’éclater brutalement et de façon périodique, avant de se reconstituer à nouveau.
  • Toujours en 1991, Foot et Obstfeld ont développé un modèle de bulles dites «intrinsèques». Elles se caractérisent par un phénomène de sur-réaction vis-à-vis de la valeur fondamentale. Quand celle-ci varie, le prix de l'actif sur-réagit, ce qui provoque des divergences importantes. 
  • D’autres théories expliquent la création des bulles en se basant sur les modèles comportementaux irrationnels des investisseurs. Faute de rationalité, ceux-ci ne sont plus en mesure de ramener le cours à sa valeur fondamentale, notamment parce qu’ils n’utilisent pas toutes les informations à leur disposition.

Les bulles spéculatives jalonnent le cours de l’histoire. Parmi les plus importantes, on retiendra :

  • La tulipomanie (Hollande/17ème siècle) durant laquelle le marché des tulipes progressa de 3 000 % avant de s’effondrer de 99 %.
  • La bulle spéculative de 1929 amplifiée par un système d’actions à crédit (« call loan ») dont l’éclatement a sonné le départ d’une récession mondiale.
  • L’éclatement de la bulle Internet en 2000 qui fit baisser le CAC 40 de 63 % entre 2000 et 2003.
  • La crise des subprimes de 2007, à l’origine de la crise financière de 2008.

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